04 juillet 2008
Vacances...
J'ai des bonnes et des mauvaises nouvelles....je commence par lesquelles?
je vous les donne en vrac, et vous les cataloguerez vous-même:
Je boucle mes valises; je pars demain matin
Dès lundi, je reprends le GR 20 là où je l'ai arrêté l'année dernière (enfin, presque)
Après le GR... je reste 2 semaines supplémentaires en Corse
Je serai de retour autour du 27 juillet
J'aurais plein de choses à faire en rentrant
Je reprendrai en rentrant, mon récit indochinois, mais!...
J'aurai aussi à écrire la suite de notre aventure sur le GR
Il se pourrait (vraiment au conditionnel), que l'on organise aussi un p'tit tour dans le désert...
Je passe le week-end du 15 août à la montagne
Je devrais aussi travailler une quinzaine de jour, sauf si ma fille me remplace à mi-temps...
Voilà les dernières nouvelles! Mais bon, il va faire beau, il va faire chaud, et franchement, vous aurez mieux à faire que lire mes bêtises, non?...ah! vous voyez!
Allez, je vais faire ma star, et publier une photo prise à 6h00 du matin, sur le pont du bateau, au milieu de la baie d'Halong...
BONNES VACANCES A TOUS!!!
PS: Pardon Z11 de ne pas avoir répondu à tes commentaires...pas le temps! :o( juste une chose: le balancier chinois, c'est la palanche!
08 août 2008
Lang Son - Baie d'Halong
La nuit fût bonne et réparatrice, et la clim efficace: pour la première fois depuis notre départ, nous allons enfiler des vêtements secs. Ca n'a l'air de rien, mais je vous assure que c'est un vrai luxe!
Le réveil a sonné à 5h30. Je fais l'état des lieux des piqures de moustiques: 2. Malgré les moustiquaires, malgré les vêtements imprégnés de lotion insecticide et malgré les sprays pour la peau!
J'ai un peu de mal à me lever, partagée entre la joie de découvrir enfin la baie d'Halong, et la déception de le faire sous la pluie. C'est une éventualité que j'avais toujours envisagée, mais que j'avais enfouie sous des tonnes d'optimisme. Je ne cessais de dire, bien avant notre départ, à tous les oiseaux de mauvaise augure qui nous prédisaient les pires catastrophes: "m'en fous, je suis sûre que tout ira bien, et qu'on aura beau temps!"...Je me sens un peu ridicule, après la journée d'hier! Pourtant, bien reposée, délassée par une bonne douche, je me dis que je ne regrette pas d'avoir connu une vrai pluie de mousson! c'est vrai! après tout, ça fait partie du pays aussi!
Quelques minutes de méthode Coué finissent par me requinquer et lorsque je tire les rideaux, je pousse un vrai cri de joie! tant pis pour les voisins! Le ciel est clair, le soleil, malgré l'heure matinale, est déjà bien vaillant. La vue sur la rivière et sur la vieille ville est splendide.
L'euphorie a remplacé la morosité ambiante, même s'il ne faut pas encore crier victoire: la route est longue jusqu'à la baie. En attendant, nous ne boudons pas notre plaisir!
Nous prenons notre petit déjeuner, seuls dans la grande salle à manger, ouverte sur le jardin. Notre départ est prévu à 7h30, et l'embarquement vers midi.
Nous nous pressons un peu, afin de prendre quelques clichés de la ville avant de partir.
La vie quotidienne bat déjà son plein: le boucher est en route pour le marché, une femme ramasse les détritus qu'elle transporte grâce à sa palanche, des pêcheurs naviguent dans des embarcations pour le moins rudimentaires...
Même ici, à Lang Son, qui est tout de même une ville importante, les quartiers populaires ne présentent guères plus de commodités qu'en montagne. Bien sûr, on y trouve hôtels, restaurants et boutiques diverses, mais le quotidien des gens est toujours rythmé par les travaux des champs qui encerclent la ville.
Nous montons en voiture à l'heure dite, et Khoa a un sourire triomphant: "tu vois, il faut pas écouter la météo"!
La route qui mène à la baie d'Halong est large et très fréquentée. Il y a encore 15 ans, le tourisme n'avait pas encore pris d'assaut cet endroit enchanteur. Aujourd'hui, je sais que je dois m'attendre à voir des immeubles en construction partout. Nous traversons une région productrice d'ananas, et de chaque côté de la route, sur des kilomètres, se succèdent des "bars à ananas".
Ils sont délicieux, et nous nous arrêtons pour en déguster, et aussi pour en acheter pour grignoter sur le bateau, dans l'après-midi.
Ce sont des femmes qui tiennent ces petits commerces, et toutes les générations cohabitent. Les ananas sont servis épluchés, coupés, prêts à être dégustés, et le thé vert est offert pour l'accompagner.
Inutile de dire qu'ils sont vendus pour trois fois rien, et qu'ils remplacent avantageusement les sucreries que l'on est tenté de grignoter parfois!
Nous nous approchons du littoral, et nous découvrons soudain l'empleur des dégâts: certains pics calcaires, semblables à ceux des montagnes du nord, ou même à ceux de la baie, sont attaqués à l'aide d'engins titanesques, et sont exploités pour en tirer les matériaux de construction qui servent à la construction d'hôtels de la démesure; la démesure du luxe, de la grandeur, de l'esthétique clinquant pour milliardaires américains. Soudain, la route devient autoroute, et c'est comme un anachronisme dans ce paradis terrestre. Elle est encore inutilement large, mais nul doute qu'elle sera bientôt exploitée à sa mesure.
Khoa, qui constate ma déception, me comprend, mais me demande à mon tour d'être compréhensive: le tourisme est une formidable chance pour le pays de s'ouvrir, de se moderniser, de croître. Il m'annonce fièrement le chiffre de la croissance du Vietnam, en me faisant remarquer non sans une pointe d'ironie, celui de la France: certaines informations semblent passer mieux que d'autres, manifestement! Je sais bien que nous n'avons aucun droit de leur interdire de tendre vers un avenir meilleur. Je voudrais croire que les touristes bouderont la baie, lorsqu'elle aura définitivement perdu son charme d'antant, mais je sais que c'est uthopique: la côte d'azur, la côte adriatique et leurs verrues de bétons attirent toujours plus de monde...
Lorsqu'enfin, nous arrivons, sous un soleil de plomb, à l'embarcadère, voilà ce qui nous attend...
Des jonques par centaines, embarquent par dizaines des touristes à peine déscendus de leurs cars. De la foule jaillissent quelques conversations en toutes langues. Les Coréens et les chinois sont largement majoritaires. On les reconnait aisément: ce sont des groupes de personnes très agées. On peut très vite les caricaturer en disant que les hommes ne sourient jamais et que les femmes, maquillées comme des carrés d'as malgré la chaleur étouffante, feraient mieux de ne pas sourire.
Je suis un peu inquiète: j'ai une facheuse tendance à devenir associale dans ces conditions, et j'ai des sueurs froides à l'idée que nous puissions monter à bord d'un bateau en compagnie d'un de ces groupes.
Khoa nous a abandonnés sur le quai, il est à la recherche de notre bateau. Pas une seconde, je n'envisage d'avoir une jonque à la seule disposition de mon mari et moi...et pourtant..."là! le voilà! il va venir se mettre à quai, il nous a vu"!
"mais ce n'est pas que pour nous, quand même?!"
"Si! Bien sûr! c'est que pour nous!"
C'est là, dans cet enfer de bruit, de gaz de moteur, que commence pour nous le rêve...
Nous sommes donc accueillis par l'équipage en tenue, à bord de cette jonque privée. Une jeune femme nous souhaite la bienvenue en nous tendant des petits carrés d'éponge humides et frais pour nous rafraîchir. Aussitôt, elle nous guide vers un premier salon où nous dégustons quelques fruits. Je n'en crois pas mes yeux: nous avons déjà quitté le port et son vacarme, et nous voguons en direction des 1969 îlots karstiques qui font de la baie un endroit unique. Pour la contemplative que je suis, ce décor est magique. Je savoure ma chance d'être là, sous un soleil éclatant, avec une visibilité exceptionnelle, rare en cette saison.
Voici donc la baie d'Ha Long. Son nom signifie "descente du dragon". La légende raconte qu'un dragon est descendu un jour de la montagne pour domestiquer les courants marins. En se débattant, il aurait fendu la montagne de sa queue. L'eau serait montée, ne laissant visibles que les sommets les plus hauts...
Je n'ai qu'une envie, c'est monter sur le pont supérieur pour admirer le paysage, mais c'est l'heure du déjeuner et il serait dommage de bouder les poissons grillés, les crevettes et autres mets succulents! Nous goûtons au passage un délicieux vin blanc de Dalat...on sait vivre, tout de même! Khoa déjeune en notre compagnie. Il nous confie qu'il a visité la baie plus d'une centaine de fois, parfois plusieurs fois dans la même semaine. Bien sûr, il est conscient de sa beauté, mais là encore, je constate dépitée, que l'esthétique de la nature ne l'émeut guère, comme d'ailleurs beaucoup de ses compatriotes. Question de priorités, je suppose...
Il nous raconte que 10 ans auparavant, tous ces bateaux de tourisme n'existaient pas. Les pêcheurs étaient les maîtres de la baie, et les voyageurs qui désiraient la découvrir traitaient avec eux. La demande, sans cesse croissante, a fait exploser le tourisme. Mais d'après lui, le pire est à venir...c'est dire!
La navigation se poursuit, tranquille, pendant que nous bavardons. Khoa n'a pas oublié ma promesse. Du reste, moi non plus! Il me demande s'il peut utiliser mon appareil photo. J'accepte volontiers et le voilà qui commence à jouer les paparazzi...moi qui déteste être photographiée, j'ai été servie! Mais l'appareil qui l'intéresse le plus, c'est celui de mon mari. Je les laisse se débrouiller pour monter enfin sur le pont. Etrangement, l'immensité de la baie fait que la multitude des bateaux présents au port le matin semble avoir disparu. Seules quelques élégantes embarcations naviguent à distance raisonnable.
Au loin, on devine quelques parcs à huîtres. La culture des huîtres perlières est répendue dans la région, mais gare aux arnaques! Sur les bateaux, aux abords des villages de pêcheurs, on vous propose des perles en sautoirs, en bracelets, en boucles d'oreilles, à des prix défiant toute concurence...pas cher, certes, mais trop pour du toc! même si l'endroit s'y prête, faut quand même pas rêver!
Le temps s'écoule avec cette vitesse, propre aux jours légers. Nous approchons bientôt de la très touristique grotte des surprises.
Elle n'en est pas moins intéressante. Nous accostons à bord d'une petite barque, puis nous entrons pour une visite...rafraîchissante!
De retour à bord, je m'empresse de visualiser mes clichés, et Khoa en profite... Nous remettons les moteurs en marche, en direction de la colline des mamelles. En haut de ses 421 marches (je les ai comptées!) s'offre à nous la plus belle vue sur la baie. Le coucher de soleil y est légendaire. On ne demande qu'à vérifier!
Nous croisons parfois des familles de pêcheurs sur leur bateau, qui est aussi leur maison! Voyez ici, le bienheureux qui se balance dans son hamac...
Nombreuses sont aussi les femmes, souvents accompagnées de leurs enfants, à condition que ce soit des filles, qui rament toute la journée, au propre comme au figuré, pour vendre boissons, biscuits et autres douceurs à grignoter.
Et khoa fait des photos...certaines, insolites, ne manquent pas de charme...
Nous arrivons enfin à la colline des mamelles. Le jour décline, et il est temps de commencer l'ascension, si nous ne voulons pas rater le spectacle...
Je pose ma plume. Aucun mot ne saurait décrire pareille émotion, pareille magie, pareille féérie de couleurs. Alors je vous offre quelques images, juste pour le plaisir des yeux...en musique, pour ceux qui le désirent...
Découvrez John Williams!
Je soupire et je reprends la plume...
La nuit est tombée et nous sommes allés jeter l'ancre dans une crique. C'est alors que Khoa a proposé un bain de mer... De jour, encore, j'aurais plongé sans hésitation dans les eaux claires de la mer de Jade...mais de nuit, point de jade, ni d'émeraude: juste l'obscurité, peu rassurante ( j'suis sûre qu'y a des bêtes!!!)... mais il ne sera pas dit que je suis une poule mouillée! (quoique, en l'occurence, les mauvaises langues diront que...) alors j'y suis allée! avec mon courage en bandouillère! Khoa, lui, son courage, il se l'est passé autour de la taille: comme il ne sait pas nager, il barbotte dans sa bouée: franche partie de rigolade, sous les lumières du bateau...inoubliable.
Pour terminer cette journée en beauté, nous dînerons en tête à tête, à la lumière de photophores taillés dans des ananas.
Avant de dormir, ce soir-là, j'ai pensé à tous ceux qui me sont chers: j'aurais voulu partager ces moments avec eux...le plaisir et le bohneur ne valent que s'ils sont partagés.
Je tiens à ne rien rater, et surtout pas le lever du soleil, alors je règle mon téléphone pour qu'il nous réveille à 5h00...les vacances, c'est pas de tout repos!
Mais le temps a changé. Il est plus conforme à ce que j'attendais: la brume recouvre la baie. On s'installe un peu dans les chaises longues, en espérant qu'elle se dissipe et que nous puissions saisir quelques images intéressantes, mais en vain. On ne gagne pas à tous les coups! Et puis le décor est joli aussi dans cette atmosphère. Les rochers apparaissent, comme des fantômes au loin, donnant une ambiance mystérieuse, romantique...non, ce n'est pas contradictoire!
On profite de la relative fraicheur matinale. Tout est calme. Sur le pont d'un bateau, non loin de nous, on assiste au réveil en Taichi Yang de deux chinoises...moi, ça m'endormirait plutôt. Inculte, je suis!
Petit à petit, la baie se réveille: non pas les touristes, mais les pêcheurs. On entend au loin le bruit de leurs petits moteurs qui s'approche. Nous les voyons passer, sur leur coquille de noix remplie de filets, flottant au ras de l'eau.
Une grande communeauté de pêcheurs "habite" encore la baie. Nous devons d'ailleurs leur rendre visite dans la matinée.
Nous attendons patiemment le réveil de Khoa pour aller petit-déjeuner. Lorsqu'il fait son apparition à 7h00, la chaleur est déjà bien écrasante.
Nous mettons le cap sur le village flottant des pêcheurs. C'est un endroit insolite et charmant, qui se déplace au gré des saisons et du mauvais temps. Les pêcheurs choississent une anse bien abritée et amarrent leur maison flottante tout autour, les unes aux autres. Lorsqu'elles se déplacent, c'est toujours ensemble. C'est un vrai village, avec petit magasin, dispensaire, pagode, et même école...d'ailleurs nous y sommes un peu pour quelque chose!
C'est à bord d'une petite barque, que nous visitons le site: c'est plus convivial, et surtout moins bruyant et moins polluant!
Difficile de se résoudre à quitter ces lieux enchanteurs, mais toute chose a une fin, et il faut remonter à bord, et reprendre la navigation vers la terre ferme. Cette parenthèse, après notre trek en montagne, restera un souvenir inoubliable.
Les nuages se sont déchirés, et le soleil brille à nouveau. Tout à notre rêve, nous oublions de nous protéger, et quand je réalise que mes cuisses sont roties comme des langoustes, c'est trop tard! Il ne me restera plus qu'à tester les langoustes à la biafine...
Nous arrivons au débarcadère vers 11h30. Il y a moins de monde que la vieille, mais le contraste entre la quiétude des dernières heures et la foule grouillonnante est saisissant.
Nous nous arrêtons dans le restaurant d'un hotel moderne d'Ha Long, qui n'a pas d'autre intérêt que celui de nous restaurer...ce qui est bien le moins! Nous reprenons la route pour Hanoï, et ce petit périple fera l'objet d'un autre paragraphe...
02 septembre 2008
Un nouveau venu!
Un petit nouveau est arrivé dans la famille...petit nouveau qui s'appelait au début "Bergamote"...pas très doués pour distinguer le "il" du "elle"' dans la gente féline!
Voici donc PHILIBERT! (c'est de sa faute si je n'écris plus! je gatouille!)
03 septembre 2008
Baie d'Halong - Hanoi
Finies les vacances, je reprends la plume!
Nous quittons la Baie d'Halong après le déjeuner, et empruntons une route moderne, qui contraste avec la RC4 et les pistes qui déservent les villages du Nord. La circulation est dense, à mesure que nous approchons de la capitale. Mais soudain, Khoa demande à Thyen de s'arrêter. Il obéit en pilant aussitôt, et je me demande encore par quel prodige nous sommes encore vivants à ce jour. Les automobilistes nous doublent en klaxonnant furieusement, et il y a peu de chance que ce soit pour nous saluer amicalement! Khoa me demande de prendre appareil photo et camescope et je me demande bien ce qu'il y a de si intéressant à voir!...
Malheureusement, je ne sais pas mettre en ligne la séquence vidéo de ce qui va suivre, et c'est fort dommage, parce qu'à chaque fois que je la regarde, ça m'évite de prendre du Prozak! on aurait pu faire faire des économies à la sécu et j'aurais été reconnue d'utilité publique...enfin, j'extrapole, revenons à nos cochons!
Car c'est bien de cochons dont il s'agit! Au bord de cette route, dans une petite cour bétonnée, se tient le marché aux cochons.
Dans un vacarme assourdissant, les pauvres bêtes sont tâtées, évaluées, vendues...et chargées par deux sur les porte-bagages des mobylettes. Ils sont aussitôt saucissonnés, pattes en l'air, groins au vent, et emmenés vers le marché général, où il vont être abattus en fonction des demandes, pour éviter que la viande ne s'abîme trop vite avec la chaleur.
Je sais bien que ce spectacle est triste! Je sais que c'est cruel, parce qu'ils sont manipulés sans ménagement, et certains sont même tirés si violemment par la queue qu'ils sont blessés...mais les nerfs lâchent, et je pars dans un fou-rire mémorable. Je manque de m'étouffer lorsque mon mari, confondant homard et cochon, nous livre qu'ils sont installés tête en bas, parce que la cervelle retournée, ils s'endorment...et c'est cette intervention et l'éclat de rire qui va avec, que je garde précieusement sur une bande vidéo.
parenthèse personnelle: mais non, chéri, je me moque pas de toi!...t'as raison!...ça marche sur les homards! - fin de la parenthèse.
Ce moment d'euphorie nous fait oublier pour un temps la fatigue, mais la voiture nous berce à nouveau et je ne tarde pas à m'endormir. Khoa voit que je lutte pour ne rien perdre du paysage, mais il me rassure en me disant qu'il n'y a rien à voir...c'est un raccourci un peu rapide, mais au fond, assez réaliste: on rejoint bientôt l'autoroute, et le paysage se résume à une succession de chantiers immobiliers ou industriels.
Nous arrivons à Hanoi à 17h00, dans une circulation que nous jugeons infernale, mais qui, parait-il, est plutôt moins pire que d'habitude! Nous avions quitté la ville dans la brume, nous la retrouvons sous un soleil radieux. Nous retrouvons l'hotel de notre arrivée, mais la présence d'un groupe de touriste français occupe l'intégralité des chambres standard. Du coup, nous sommes installés dans l'unique suite, au dernier étage, avec vue sur les vieux quartiers. Après une semaine de confort sommaire, il faut avouer que cette surprise est plutôt agréable!
Mais comme toujours, nous n'avons pas vraiment le temps de flâner: à peine le temps de mettre enfin notre linge à sécher sur le balcon, de prendre un bain, qu'il nous faut déjà repartir: le spectacle de marionnette sur l'eau commence à 18h00, et nos places sont réservées.
Autant dire les choses tout de suite: je suis inculte. Si, si! je sais bien! hermétique aux marionnettes sur l'eau! pourtant, je sais bien
que ces spectacles sont très anciens, que leur création remonte à la nuit des temps, qu'ils sont une manifestation de l'art populaire vietnamien très vivante...oui, oui, je sais tout ça...mais je demeure hermétique. Pour ma défense, je n'accroche pas plus à notre Guignol lyonnais! Mais bon, je vais vous en parler quand même, parce que je suis bonne fille...
Avouez quand même que une heure, c'est long, quand on s'ennuie! une demie-heure aurait été suffisante pour nous permettre une approche intéressante.
Le spectacle consiste en une succession de tableaux mis en musique, tels que " la danse des dragons", "gardien de buffle jouant de la flûte", "Travaux agricoles", "chasse aux grenouilles"...et la narration se fait en vietnamien, ce qui réduit considérablement la compréhension de l'histoire.
Vous me direz, l'art ne s'explique pas...certes!
Le théâtre est plein à craquer, en majorité de groupes d'américains ou d'asiatiques très agés, qui gloussent et se trémoussent sur leur fauteuil...sorry, nous n'avons pas les mêmes valeurs, la même culture... mais qu'est-ce qu'on fait là???!!!
Lorsqu'enfin, nous sommes libérés, nous pouvons profiter de la ville, à notre rythme. Le soir, la chaleur est enfin supportable, et les commerces restent ouverts très tard. Les rues grouillent de monde.
Nous nous laissons portés par nos pas, toujours dans le vieux quartier, et décidons de dîner au Old Hanoi. C'est un charmant restaurant, assez petit, donc très calme, fréquenté par les vietnamiens comme par les occidentaux vivant à Hanoi. Evidemment, lorsque la carte est arrivée, on faisait moins les malins: vous avez déjà essayé de traduire un menu type "restaurent chinois", vous? nous non plus! et malgré le fait qu'elle soit rédigée en vietnamien et en anglais, ce soir là, nous avons misé sur la sécurité! On a goûté une soupe pho (incontournable) à la viande, délicieuse, et des nems crus...si, délicieux!
En sortant, nous sommes allés dans les boutiques de soie, en prévision de nos achats du lendemain. Les Ao Dai sont tous plus beaux les uns que les autres, et à chaque fois que j'entre, on me propose de m'en faire un sur mesure. J'aurais accepté volontiers, si nous n'étions pas partis le lendemain! Mais je ne veux pas acheter chez le premier marchand venu, et tant pis si demain, je ne trouve pas mon bonheur!
En rentrant à l'hotel, je passe par la salle internet pour parler un peu à mes filles sur msn et prendre de leur nouvelles.
Dans la chambre, nous faisons le point sur les visites du lendemain: le programme prévoit une journée de visite de monuments, et le départ en train à 19h00. Khoa nous propose la visite du mausolée d'Ho Shi Mihn et la visite de palais présidentiel...on ne peut pas dire que ça m'emballe franchement! Alors malgré la fatigue, je prends mes différents guides, que je promène depuis notre départ, et j'étudie la question...en parlant dans le vide, puisque mon mari roupille à côté de moi! j'ai carte blanche? OK! alors demain, ce sera Temple de la littérature et musée ethnographique le matin, et après-midi libre! bonne nuit...
29 septembre 2008
Un jour à Hanoi
Lorsque Khoa arrive à notre hotel, nous lui faisons part de notre souhait de visiter en priorité le temple de la littérature et le musée d'ethnographie. Il semble un peu déçu, mais le montre à peine.
La première chose qui surprend en arrivant au temple de la littérature, c'est le contraste saisissant entre le calme et la sérénité du lieu, et le vacarme de la ville environnante.
En entrant dans les jardins, c'est comme si nous remontions le temps, à l'époque où le quartier était presque désert, où il régnait ici une agitation très studieuse.
L'endroit est dans un état relativement correct, eu égard au manque d'entretien dont ce genre de bâtiment a eu à souffrir après la guerre. Aujourd'hui aidés, motivés par des fonds étrangers, les vietnamiens restaurent, comprenant aisément le potentiel touristique de leur culture.
De chaque côté d'un lac, dans une cour intérieure, s'étire une allée couverte, dans laquelle sont alignées des tortues de pierre. Derrière elles, sur des stèles, les noms de tous les étudiants ayant reçu un enseignement en ces lieux ont été gravés.
C'est là qu'étaient formés les futurs mandarins, nommés par l'Empereur en personne. Jusque là, j'imaginais que les mandarins étaient de sang bleu. Je croyais qu'ils étaient voués à devenir ces hauts dignitaires par leur naissance. Je pensais que ce système était gangréné par la corruption, et par l'incompétence de personnages coupés du monde et de la réalité de son peuple. Il n'en était rien. Non pas que la corruption n'aie jamais existé! le pouvoir appelle parfois ce genre de dérapage... Mais tout homme, né en Indochine, pouvait prétendre à devenir un jour mandarin:
Tous les trois ans étaient organisés, partout dans le pays, y compris dans les régions les plus reculées, des concours ouverts à toute personne mâle, sans condition d'age ni de rang social. Les hommes se préparaient à ce concours. Il était courant de voir, dans une même salle de classe, un homme et son fils, recevant les mêmes enseignements.
Un classement au mérite était établi, et les meilleurs éléments recevaient un enseignement gratuit de 3 ans, à l'issue duquel ils devaient passer un nouveau concours. Le processus se répétait, pendant neuf ans. Ceux qui arrivaient jusque là entraient enfin au temple de la littérature, et recevaient tous les honneurs. Et au bout de ces 3 dernières années d'enseignement, ils recevaient le titre de mandarin. Toujours en fonction du mérite, une région leur était attribuée.
On peut en déduire que le système impérial était peut-être corrompu, mais ses dignitaires n'étaient certainement pas des incompétants! Je ne pousserai pas la malice en m'interrogeant sur la réalité actuelle du régime!
Une partie du temple est réservée aujourd'hui à un musée, dans lequel sont conservés les vestiges de ces temps reculés. On peut y admirer les tenues d'étudiants, les robes des mandarins, aux couleurs flamboyantes, au motifs brodés sur la soie. Les cahiers d'étudiants aussi, le matériel de calligraphie. On peut également admirer une collection très intéressante de photos du début du siècle dernier. L'ambiance est apaisante, émouvante. Ce qui me touche, je crois, c'est la manière dont les vietnamiens d'aujourd'hui s'interdisent toute admiration pour cette période de leur histoire, qu'ils qualifient de "féodale". C'est comme si, aujourd'hui, en France, quiconque s'intéresserait à Louis XVI et aux beautés culturelles et architecturales de cette époque, craignait d'être qualifié de royaliste!
Le sujet est sensible, et je préfère ne pas l'aborder avec insistance auprès de Khoa, car il est clair que cela l'embarrasse.
Si la tortue est le symbole de la longévité, le phoenix, perché sur elle, est le symbole de l'immortalité. On retrouve souvent ces statues auprès des autels dédiés aux défunts de haut-rang.
La vie au temple était régie par un code, un rituel qui demeura quasiment inchangé durant toute la période impériale de l'Indochine.
Ce qui est troublant également, c'est de voir des vietnamiens se recueillir devant les autels des mandarins, et faire brûler des batons d'encens en offrande. C'est un peu comme ça pour bon nombre de choses dans le pays: Les gens semblent écartelés entre leur désir de modernité, d'émancipation, et leur attachement, discret mais perceptible, à cette culture qu'ils disent pourtant renier. Cette schizophrénie, consciente ou pas, est émouvante, respactable, et finalement bien naturelle.
Partout, dans les jardins de ces bâtiments traditionnels, on peut admirer de magnifiques bonzais, que des jardiniers couvent de leurs bons soins.




































