Des confins du Tonkin au Delta du Mekong

Un carnet de voyage et d'images, pour garder vivant le souvenir de notre séjour au Vietnam, et partager les sourires des enfants et les paysages à couper le souffle. Et pourquoi pas vous donner envie de découvrir à votre tour les mystères d'Indochine?

04 juin 2008

De Bam La à Ban Sao

Nous avions prévu le réveil à 7h00, et on ne risquait pas de le manquer:

Khoa ne nous avait pas menti: il ronfle. Pas le petit ronflement léger, qui finit par vous bercer et vous endormir! non, non, le vrai, celui qui vous garde les yeux grands ouverts une bonne partie de la nuit. Mais ça encore, on aurait pu s'y faire... enfin moi surtout. Parce que René, lui, non. Il a maudit  ses boules Quies qu'il n'arrivait pas à garder au fond de ses oreilles. Mais il y avait aussi les grenouilles...et ça, je ne les avais pas prévues du tout! Il faut dire que nous étions entourés de rizières inondées et que déjà le soir, en allant soulager une envie pressante, j'avais failli faire une attaque lorsque l'une d'elles m'était passée sur le pied ... mais de là à imaginer que de si petites bêtes puissent faire autant de rafu!
Et puis au bout de quelques heures, j'ai aussi compris d'où venait le magnifique port de tête des vietnamiens...des nattes! Dormir sur des planches, c'est pittoresque, mais douloureux! Et ce ne sont pas les maigres matelas fournis par notre voyagiste aux familles d'accueil qui adoucissent notre dos. Nous avions bien suivi les conseils de notre fiche technique et nous avions emporté des sacs de couchage...petit couak (le seul) de l'agence: ils n'avaient pas du mettre un pied au Vietnam en avril depuis longtemps! la température nocturne était censée descendre aux alentours de 5° alors qu'elle ne descendait jamais en dessous de 15, et que dans les maisons, la température était d'au moins 25! autant dire que pour tenir dans un sac de couchage, il aurait fallu être très frileux!

Bref, nous commencions à peine à somnoler, vaincus par la fatigue, quand le coq a chanté...il était 4 heures. Et quand un coq chante dans un village, celui du voisin répond, et celui de l'autre voisin répond et...ainsi de suite, jusqu'à ce que vous compreniez que quoi qu'il arrive, c'est mort, vous ne dormirez plus. D'ailleurs, les gens d'ici le savent bien, et nous entendons déjà du monde s'activer autour de la maison. Les cochons aussi, le savent...et braillent...comme des cochons pour réclamer leur petit déjeuner. Pendant que Khoa, royal, dort toujours: chapeau!

Lorsque je sors pour voir le temps qu'il fait, je constate que les travaux des champs ont déjà commencé et que toute la cuvette baigne dans une brume si épaisse que tout semble mouillé comme après la pluie. Ca non plus, je ne l'avais pas prévu...et j'avais oublié de mettre le linge lavé la veille à l'abri. Tant pis! Mais s'habiller avec des vêtements aussi humides, c'est franchement pas agréable!

Nous attendons patiemment l'heure de notre petit déjeuner, en refermant nos sacs, réunissant les quelques affaires éparpillées.

A 9h00, nous entamons notre journée de marche. Nous escaladons une petite butte, derrière la maison, qui nous mène à ce que Khoa appelle une route, et que nous qualifirions plutôt de piste cyclable. Elle a été construite très récemment, et elle change la vie des villageois qui peuvent ainsi se rendre à la bourgade la plus proche en scooter, pour y aller vendre et acheter au marché. Nous l'empruntons sur 3 kilomètres, avant de gravir une rude montée et de rejoindre une autre vallée. Les cigales nous accompagnent toujours de leur cri strident, et je ne parviens toujours pas à les voir, tant elles se fondent admirablement dans la nature.
Mais Khoa a l'oeil bien plus exercé que moi et il en capture une qu'il présente à l'objectif:

cigale

Entre chaque col que nous franchissont, nous traversons des vallées et des villages, où nous surprenons le quotidien des habitants qui suspendent pour un temps leurs activités, curieux comme nous le sommes de l'imprévu, de l'inédit.

Pour la première fois au Vietnam, nous assistons à la récolte de la canne à sucre. Alors que partout ailleurs, on en tire le rhum, ici, elle ne sert qu'à la production de sucre. On trouve aussi, partout au Vietnam, des presses, comme les essoreuses manuelles de nos antiques machines à laver le linge. Ce sont deux cylindres que l'on fait tourner avec une manivelle et qui en font sortir le jus qui est alors vendu au verre.

recolte_canne__a_sucre

Au bout de cette piste, nous apercevons un bâtiment moderne et coloré, et nous entendons des voix d'enfants qui semblent répéter en choeur une leçon. Il s'agit bien de l'école. La porte est ouverte et Khoa nous propose d'aller leur dire bonjour. Nous hésitons un peu, de peur de perturber la classe, mais il entre déjà dans la cour.

     ecole    ecole_2

Je pense qu'il est fier de nous montrer que partout dans le pays, sous l'oeil bienveillant de l'oncle Ho dont le portrait est présent dans chaque école, chaque lycée, le gouvernement permet à tous les enfants, même dans les endroits les plus reculés et les plus pauvres, d'étudier dans de bonnes conditions. Et force est de constater que cette classe n'a rien à envier aux nôtres.

Lorsque nous arrivons, les petits élèves n'osent pas bouger. Ils nous regardent et nous sourient, mais attendent l'autorisation de leur institutrice pour se lever. Alors seulement, tout ce petit monde vient à notre rencontre. Nous échangeons quelques mots mais très vite, notre diversion engendre quelque chahut auquel il convient de mettre un terme...Partout dans le monde, tous les enfants se ressemblent!

Autour de l'école, les rizières occupent l'espace. Je remarque alors une femme, penchée au dessus de l'eau, qui semble ramasser quelque chose: j'apprends à cette occasion que les rizières ne nourrissent pas que par le riz. Elles attirent des escargots par milliers, et chaque jour, les femmes viennent les ramasser, débarrassant les champs des parasites et récoltant au passage une source de protéines non négligeable.

A la sortie du village, en contrebas de la piste, une petite épicerie propose les produits de première nécessité. A notre passage, l'épicière sort de sa boutique et nous interpelle.

epicerie

Elle interroge Khoa, elle veut tout savoir de nous: de quel pays venons-nous, de quel village arrivons-nous, où allons-nous, pourquoi ne sommes-nous que deux, n'est-il pas triste de voyager à deux (?!). Elle veut aussi savoir de quelle ethnie Khoa est-il originaire, et chez qui nous avons passé la nuit... un interrogatoire en règle, incongru et amusant auquel nous nous plions de bonne grâce!...

Allez savoir par quelle relation d'idées, voilà que ce mot "interrogatoire" me rappelle que je ne vous ai pas donné de nouvelles de Mr Jap, notre agent de liaison, qui était sensé nous protéger. Il a finalement jugé au bout d'une journée que nous nous en sortions très bien sans lui et il a décidé qu'il ferait le chemin par les pistes, en scooter, et qu'il nous retrouverait le soir à l'arrivée. Du coup, l'un de nos porteur-cuisinier a cédé sa place et c'est lui qui nous "protège"...sans commentaire.

Nous quittons la piste après les dernières maisons, pour rejoindre un sentier plus sauvage, qui traverse d'abord un endroit ravissant

vers_Danh_Sy

avant de se faufiler au milieu des rizières. Khoa nous apprend à distinguer dans les berges, la différence entre un trou de grnouille et un trou de serpent. Nous n'aurons pas la chance d'apercevoir le moindre reptile: le temps n'est pas propice. En cette saison, les serpents sortent après les grosses pluies, lorsque le soleil revient. Or, il ne pleut pas!

reflet

Nous nous arrêtons vers midi pour déjeuner à Danh Sy, dans la maison d'une famille du village. Cette pause nous fait du bien, et nous savourons toujours avec bohneur les plats qui nous sont servis. Notre adaptation à la nourriture vietnamienne semble surprendre et flatter Khoa et nos cuisiniers. Je me rappelle de leur tête, lorsqu'ils sont arrivés avec un bol de nuoc mam, persuadés que nous ne voudrions jamais y goûter! Lorsqu'ils nous ont vu y tremper nos nems, ils ont d'abord cru que nous ne savions pas ce que c'était. Et lorsque je leur ai dit, entre deux bouchées, que je croyais savoir qu'il s'agissait de jus de poisson pourri, ils sont restés bouche bée.

Il semblerait que nos compatriotes soient moins curieux de découvrir de nouvelles saveurs...ils ne savent pas ce qu'ils perdent! A mon sens, la cuisine fait partie intégrante des charmes d'un voyage...mais il en faut pour tous les goûts!

Danh_Sy   

    

Après le déjeuner, les choses sérieuses commencent.vers_Danh_Sy_2
Le sentier s'élève en direction de la forêt. Un dernier coup d'oeil en arrière permet d'embrasser le paysage avant d'entrer dans ce labyrinthe de végétation. La densité est telle qu'il fait très sombre, alors que le ciel est pourtant clair. J'en ai déjà parlé: l'humidité ambiante donnent aux photos une impression de mauvais temps, ou du moins de temps chaffoin. Mais en toute franchise, nous avons eu énormément de chance jusque là: la météo est clémente, malgré des températures élevées.

entretien_des_digues

Nous zoomons une dernière fois sur les travaux agricoles, avant d'entamer la rude montée qui nous attend.

 

repiquage

        repiquage_2

Cette partie de notre itinéraire sera la seule un peu délicate, nous le savons: le sentier est très étroit et la montagne "transpire". Le taux d'humidité est si fort que l'eau coule des arbres, rendant glissantes les pierres que les feuilles camouflent. La chaleur et l'humidité, conjuguées aux efforts consentis nous fait ruisseler à notre tour. Difficile de reprendre son souffle dans ces conditions. Les pauses sont néanmoins indispensables, si on veut s'imprégner des lieux, car en marchant, il est impossible de garder le nez en l'air, sous peine de se le casser. (le nez) Lorsque le coeur bat trop fort dans les tempes, il est temps de faire quelques photos!

ca_grimpeNotre jeune cuisinier est déprimant d'aisance! Tout comme ses confrères et Mr Jap, il grimpe en sandales de plastique, d'un pas assuré et ferme. A chacun de nos arrêts, il s'enfonce dans la forêt et en ressort avec des bouquets d'herbes qu'il nous cuisinera le soir. La biodiversité est ici très riche. Les plantes semblent pousser à même la roche. Khoa nous fait découvrir les feuilles de caryote, indispensables à la préparation du canard laqué. On découvre certaines plantes endémiques, que vous ne verrez pas ici...non. C'est comme ça, quand je surchauffe, j'ai des absences...et là, j'étais proche de l'ébullition: j'ai donc oublié de faire des photos!

J'aurais pu en rechercher sur la toile, mais je mets un point d'honneur à ne poster que mes propres clichés. Je me rappelle notamment d'une plante au feuillage vert et rouge foncé, qui recouvrait certain rocher. Khoa n'en connaissait pas le nom scientifique, mais celui que les vietnamiens lui ont donné, beaucoup plus poétique: cheveux de fée. Ce nom lui a été donné, parce que lorsqu'il pleut, l'eau ruisselle sur ses tiges souples en filets minces et argentés...bon, je vois que ça vous fait une belle jambe, puisque je n'ai pas d'image à vous donner...faites attention, vous devenez exigeants!

La forêt en été doit être magnifique: partout autour de nous poussent des orchidées qui ne fleuriront qu'à ce moment-là...malheureusement, l'été est aussi la saison des pluies!

foret

La marche est si peu monotone, que nous ne voyons pas le temps passer. lorsque nous arrivons au sommet de cette partie, nous regrettons presque de quitter cet environnement enchanteur. L'autre versant est plus ensoleillé, donc moins humide et moins glissant.

A proximité d'une maison, nous apercevons des ruches, qui diffèrent légèrement des nôtres, "architecturallement" parlant...

ruche

Sur le mur d'un bâtiment publique, dans un petit village, une affiche qui semble tellement anachronique en ces lieux est placardée:

campagne_anti_VIHIl s'agit d'une campagne de prévention contre le virus HIV. Etrange sensation de malaise, en réalisant qu'ici aussi, dans ces coins reculés, la maladie gagne du terrain. D'ailleurs, un peu plus loin, sous un abri qui doit être celui du marché, des jeunes gens sont réunis, oisifs, fumant et buvant plus que de raison. La modernité n'apporte pas le meilleur partout!

La journée est déjà bien avancée lorsque nous atteignons la plaine. Au pied de la montagne que nous venons de franchir, nous nous retournons, pour mesurer à quel point elle paraît infranchissable. Sous nos pieds, voilà plus de 50 ans, des centaines de compatriotes ont perdu la vie: Selon la technique habituelle, ils avaient été repoussés là, sans aucune chance de trouver une issue: tout autour, en haut de chaque colline, les sentinelles viets les attendaient. Beaucoup des français étaient affaiblis, malades, après plusieurs semaines de siège. Peu habitués à marcher dans ces terrains calcaires, ou chaque pierre est coupante comme un rasoir, nombreuses étaient les blessures qui ne cicatrisaient pas, et finissaient par s'infecter. Etrangement, en cet instant, il m'a semblé ressentir très fort la détresse qui était la leur lorsqu'ils sont arrivés là. Beaucoup d'entre eux étaient jeunes, et la plupart ne comprenait pas grand chose aux enjeux de cette guerre, qui, il faut bien le dire, ne suscitait pas grand intérêt chez les métroplolitains! L'Europe se remettait à peine de "sa" guerre, et les français aspiraient à la paix... Les Indochinois à la liberté, à l'indépendance. Et lorsqu'un peuple se soulève, mû par cette soif-là, rien ne peut l'arrêter. Là-bas, des enfants ont connu l'enfer au paradis, avant de mourir, pour rien...c'était là

on_vient_de_la

Mais même dans ces endroits chargés de mémoire douloureuse, Khoa ne pert jamais le sourire. C'est aussi ce qui peut surprendre au Vietnam: voilà un pays qui a plus vécu en temps de guerre qu'en temps de paix. Voilà un pays qui a du affronter des époques plus que difficiles, et aujourd'hui, tout semble effacé, oublié. Alors que sur d'autres continents, le passé colonial n'a toujours pas été digéré, ici, il ne subsiste aucune rancune, aucune amertume. Français et américains sont accueillis avec la même gentillesse, le même dévouement. Comme si tout un peuple avait compris qu'il était inutile de faire résonner dans le présent les douleurs du passé. De cela, je suis admirative.

L'arrivée de notre périple du jour est proche et le terrain est maintenant plat. Nous en profitons pour marcher tranquillement, tout en gardant l'oeil aiguisé du chasseur d'images!
Au pied de ces montagnes, les villageois exploitent les capités naturelles de la roche pour en faire des poulaillers ou des étables.

poulaillers_naturels

La journée de travail s'achève aussi pour les paysans. Les femmes repiquent les dernières pousses de riz et les hommes commencent à rentrer au village.

fin_de_journeeCertains hameaux ressemblent de loins à de petites iles,à des refuges de pirates, au milieu des rizières innondées. Dans cette région, les maisons ne sont plus construites sur pilotis. Leurs murs sont toujours faits de torchis. La maison de notre hôte du jour est située au bout du village. Elle est entourée de champs de maïs et de plantations de choux, pommes de terre et arachides. Tout autour, une allée de béton a été coulée, rendant l'accès à l'intérieur plus propre. En revanche, le sol, à l'intérieur, n'est autre que la terre à l'état brut, rendue extrêmement dure et brillante par le piétinement et les graisses de cuisson.

Le principe de la cuisine est toujours le même: un feu à même le sol.

Pour le reste, c'est le grand luxe: le propriétaire a pu s'offrir un réfrigérateur, semblable à ceux que l'on trouve chez les épiciers: il s'ouvre par le dessus, à l'aide de portes vitrées. Nous buvons notre première boisson fraîche depuis notre départ...c'est dire si nous l'apprécions!

Vous avez remarqué?...je fais des progrès! je ne suis pas encore allée voir les "commodités"!...mais comme je vois que vous vous languissez - mais si, ne dites pas le contraire! - les voilà:

salle_de_bainsEuh...là, c'est la salle de bains. Vous vous en doutiez, n'est-ce pas? je vous fait grâce de la photo des toilettes...parce qu'il y en a!!! si, au bout du jardin, juste à côté de l'abri du mulet! comme il n'y a pas de porte, on peut toujours lui causer si on s'ennuie. Et puis il ne risque pas de vous contrarier: il ne parle pas français! Il n'empêche que nous l'apprécions, ce petits coin d'intimité! très ingénieux en plus!...allez, je vous raconte, ce sera le paragraphe chic: il s'agit d'un bâtiment construit en agglos, dans lequel ont été "aménagés" 3 box, séparés les uns des autres par un cadre en bois sur lequel est tendu un grand sac contenant habituellement la nourriture pour cochons... Il faut monter une marche d'au moins 50 centimètres de haut, et prendre place sur deux planches en bois judicieusement espacées. Un panier contenant de la cendre permet ensuite de cacher ce dont on s'est débarrassé...ah ben je vous l'avais dit! c'est chic!

Et puis bien sûr, comme toujours, on est jamis très loin de...

ben_un_autre_cochon

       

Mais pour dormir, ce soir, c'est le grand luxe! Nous avaons une chambre pour nous seuls! Khoa et les cuisiniers dormirons dans l'autre pièce, qui sert aussi de salle à manger. Une cloison de torchi nous sépare, mais pas de porte. C'est tout de même bien! Peut-être que les ronflements nous paraîtrons moins forts!

chambre_2

Et puis on peut s'éparpiller un peu sans risque d'encombrer!

A l'heure de l'apéritif, des voisins s'invitent et partagent avec nous beignets de crevettes et alcool de riz. Toute la famille se réunit pour partager le repas, délicieux, comme d'habitude. Nous découvrons la saveur des plantes ramassées dans la forêt.

2__soir

La journée a été longue, et l'alcool de riz a raison de nos dernières forces: il est temps d'aller dormir!

Posté par neferka à 16:22 - Pas à pas - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

réponse pour Z11

Voilà! c'est ici que je réponds à ton commentaire sur les cheveux de fée. Effectivement, je n'ai pas trouvé, moi non plus, d'images de cette plante avec ce nom. Comme je l'ai dit Khoa n'en connaissait que le nom traditionnellement donné par les populations locales. Je suis toujours en contact avec lui: je vais tâcher de voir s'il peut m'en envoyer une photo...sinon, effectivement, y retourner serait une bonne solution...si tu m'offres le voyage, je te fais touts les photos que tu veux ;o)

En ce qui concerne la végétation et ta comparaison avec les Alpes, la grande différence est effectivement le climat, mais aussi l'altitude! contrairement aux Alpes, elle n'est pas ici très élevée, et la température baisse très rarement jusque 0 degré. L'an dernier et pour la première fois, le thermomètre est resté aux alentours de 0 pendant plusieurs jours: ce fut une catastrophe pour le pays. Des troupeaux de buffles entiers sont morts de froid, les récoltes ont été détruites, et il a fallu que le gouvernement débloque des aides pour ne pas condamner les populations à la famine. Du riz a du être importé des pays voisins, ce qui n'était jamais arrivé.

Posté par neferka, 01 juin 2008 à 13:25

L'enfer au paradis

Citation : Les plantes semblent pousser à même la roche.
Cette phrase m'a échappée lors de la rédaction de mon commentaire ! Pourtant elle décrit bien, ce que j'ai ressenti en regardant les photos et ce qu'elles m'ont inspiré.
L'exemple alpin n'est qu'un exemple en effet trop élevé en altitude, reste le climat bien sur !

Te sachant une jeunette ( d'habitude, je dis méchamment : tombé de la dernière pluie ! ;-) je reviens sur ton texte concernant la guerre d'Indochine, comme on disait ( heu en passant on voit que tu a étudié l'histoire et nous sommes d'accord ) et je cite :
....ne suscitait pas grand intérêt chez les métroplolitains! ....Oui tout à fait ! mais je voulais ajouter un argument : les français qui s'y battaient étaient tous des volontaires, des engagés , ( je connais j'ai failli en faire partie bien que sans doute plus à l'abri puisque marin, encore que !
Donc la lointaine métropole n'a réalisée qu'après la défaite de Dien Bien Fu et sa médiatisation ! Il faut savoir que les colons avaient la belle vie là bas, ils s'enrichissaient copieusement, se faisaient servire par les autochtones et pas mal d'entre eux devaient certainement (comme en Afrique ) se la ''péter plus haute'' par la même occasion, et se faire cirer les pompes .
L'erreur venait surtout du passé de l'humanité ! ...la loi du plus fort était toujours la meilleure ! et depuis des siecles !
Ha si seulement sur cette planète, il y avait beaucoup, beaucoup plus de Lapins intelligents, modestes, généreux et surtout respectueux et sachant garder le sourire même sous les douches ! Hi !

......La modernité n'apporte pas le meilleur partout!...... ho que oui ! ( Tu comprends la "Jeunette " pourquoi j'aime tant te lire ? c'est ma leçon et ma thérapie higienique )

Bon voilà que le délire me reprend, faut que je me désintéresse dare dare des pensées graves que ton paragraphe sur le gel récent et dévastateur, passé sous silence dans mon canard ! met dans ma cervelle de vieux crouton ronchon ! Sinon on y passe la nuit !
Alors bonne nuit Néferka
Z11

Posté par Z11, 01 juin 2008 à 21:27

Merci .!....

Oui je sais, ça fait : un peu court, jeune homme ! (M'auraient dit mes profs !)
Mais j'ai toujours une bonne excuse !
Je mijote une réponse à feu doux mais avant je dois éplucher toutes les photos et le texte du lien offert par .... une brave fille ....sans aucune légitimité ??? et moi donc ! encore moins !

Alors à plus tard si vous le voulez bien !
Z11

Posté par Z11, 02 juin 2008 à 13:26

Très juste

très juste!
Je suis parfaitement d'accord avec toi sur le fait que les colons qui vivaient là-bas se la coulaient douce! Il suffit de voir les théâtres, les palais, construits pour eux, et le contraste entre les somptueuses villas coloniales qui bordent la rivière des parfums et les maisons des autochtones. ici, plus qu'ailleurs, cela devait être facile, puisque la culture de ces gens étaient foncièrement pacifistes, et respectueux de l'autorité. Les français l'avaient bien compris, et laissé en place un empereur fantoche qui conservait au peuple un semblant de dignité. Ils prirent soin de lui faire faire des études en France, avant de le faire couronner en grande pompe le 8 janvier 1926. On acheta aussi la collaboration des mandarins, et c'est ainsi que l'empire colonial dura si longtemps.
S'il est vrai que les soldats français étaient tous volontaires, je ne crois pas en revanche qu'il étaient bien conscients de ce qui les attendait...mais ceci est une autre histoire.
Comme je suis une brave fille, je vous donne ici un lien où vous pourrez trouver de magnifiques photos originales et anciennes de cette époque:
http://nguyentl.free.fr/html/sommaire_photo_ancienne_fr.htm Mais je ne porterai pas davantage de jugements sur l'époque: mon érudition est trop partielle, et je n'ai aucune légitimité pour cela.

Posté par neferka, 02 juin 2008 à 13:28

Petite correction

Heu bien que les fautes plaisent aux Dames ( je ne précise pas lesquelles ! ;-) il faut tout de même que je corrige certaines,( pas les Dames non les fautes ) des fois que mes salades passeraient à la poste héritée ( c'est reparti Grrr !)

Tiens bien le fut, s'écrit en français : Diên Biên Phu .... oui tout de même !

Oui ceux qui y laissèrent leur peau ne s'y attendaient certainement pas ! Comme toujours on ne vois venir qu'après que ce soit venu ! ça allait être le cas de l'Algérie on y allait pour : " le maintient de l'ordre" pas plus !

J'ai eu la même réaction que ....la personne qui a posté le commentaire .... en voyant la photo de la cathédrale style moyen-age ! Tout de même on aurait pu garder le style du pays, il est aussi gracieux que nos pierres en béton !

Ca c'est comme les casquettes "zuniènes" qu'ont elles de plus seyantes que les chapeaux Chinois ? ( désolé je ne sais pas le nom local )
Bon c'est pas tout ça, j'irai bien manger un steak frites au Japon moi, ça me dépayserai ! ( toujours manger du nioc man aux nems ! ça fini par vous pourrir le palais royal ;-)

Le lien qui nous met un grand album avec des explications sur l'histoire passée de cette région du Sud-Est Asiatique est précieux même si l'on est pas un amateur aussi accro que Néferka !

Visiblement les motivations qui furent et sont encore ceux des peuples de ce monde sont, à mon humble avis, bien loin de ce que l'on réve lorsque l'on est pas acteur ou bénéficiaire directe de leurs avantages et privilèges.

Reste que tout cela est bien agréable à lire, à défaut d'être agréable à vivre et force est de constater que nous, les privilégies qui s'ignorent, nous avons tout de même une forte responsabilité et au lieu de pleurer sur notre sort, le droit et le devoir de donner le bon exemple !

Je crois sincèrement que c'est ce que fait ce couple de baladins (pas balladins ;-) et je m'en réjouis !

Bon là, je suis allé trop loin dans la philo de commentateur invétéré, alors je laisse la parole à ceux qui en ont et je repart dans mes réveries plutot "Zinzine"
Z11

Posté par Z11, 02 juin 2008 à 20:42

Chic ! c'est chic !

Citation : je vous l'avais dit! c'est chic!

Bien que je saches que tu pratiques le second degré Néskafée ! je voudrais faire remarquer que ce que tu décris comme commodités et plancher terreux, se voyait aussi chez nous dans les coins de campagne pas si réculés que cela, dans l'ouest entre autre.
Au Faouet, Finistère, par exemple.
Je me souviens d'un repas sur terre battue mais propre et luisant ( comme tu dis ) sur la table, petit prince d'un jour que j'étais, je fut le seul à disposer d'un assiette de faïence, les paysans qui m'invitaient, eux, mangeaient leur soupe dans des petites vasques creusées à même le bois de la table ! Et les toilettes étaient au fond du jardin mais avec une porte tout de même Quand à la salle de bain, c'était la cuisine avec une bassine remplie ( je le donne en mille ! ) avec l'eau de vaisselle servant à tremper les pieds avant d'arroser les fleurs du jardin !
Je me demande si on ne va pas y revenir bientot ! on en cause pas mal, dans les poulaillés des canards ces temps-ci !
Z11

Posté par Z11, 04 juin 2008 à 20:56

bien sûr!

j'ai connu ça aussi, dans la ferme de mon parrain, lorsque j'étais enfant. C'était dans la Marne...mais on ne recyclait pas l'eau comme ça! :o)
quant à revenir à des pratiques de ce genre...il me semble qu'un ancien candidat moustachu prône les toilettes sèches et montre l'exemple en faisant ses besoins sur de la sciure, non?
ah ça, y'a pas à dire, on reste dans le chic!

Posté par neferka, 08 juin 2008 à 11:58

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