14 mai 2008
Un après-midi à Hanoi
Le plus difficile, au début, est peut-être d’oser se faufiler dans la circulation : traverser une rue est une véritable expédition. Difficile aussi, l’adaptation à la chaleur ! il faut dire que la transition est de taille : nous avons quitté Paris sous la neige, et 30° nous pèsent à présent sur les épaules. Mais bon, on est pas des chochottes ! Une bouteille d’eau, le plan ; à nous, Hanoi !
Depuis le temps que j’en rêvais, j’ai déjà repéré la rue de la soie. Elle est à deux pas de l’hôtel, et elle descend tout droit vers le lac : parfait !
Nourrie de mes lectures, je l’ai plus fantasmée que rêvée cette rue… et la voilà :
Oui, je vous le concède, elle a considérablement perdu de son charme mythique. Mais contrairement aux apparences, elle est toujours bordée de tailleurs et marchands de soieries. En quelques heures, il est possible de se faire tailler sur mesure un ao dai (prononcer ao Zaï) ou un costume…mais attention ! Khoa nous a prévenu : ici, ils ont tendance à vous faire prendre les vessies pour les lanternes . Il aime beaucoup cette expression française, avec laquelle il a eu beaucoup de mal, lors de son apprentissage de notre langue. Heureusement que les vendeurs de « soie synthétique » sont là : il peut l’amortir, cette maudite expression !
Oui, d’accord, j’y reviens ! je vous entends protester ! mais qu’est-ce que c’est que ça, un ao dai ??? j’y viens ! un ao dai est la tenue traditionnelle des femmes vietnamiennes. C’est une longue tunique de soie à manches longues, fendue de chaque côté, à partir de la taille, et qui se porte sur un pantalon ample.
Nous venons d’arriver, un trek nous attend : pas question de s’aventurer dans les boutiques pour l’instant !
Nous filons vers le lac. Je suis un peu déçue par la lumière, qui m’empêche de prendre de belles photos. Il y a tant de brume ! L’endroit n’en est pas moins ravissant, et il règne ici une vrai douceur de vivre.
On croise souvent des femmes, coiffées du chapeau conique, portant leur palanche chargée de fruits. C’est ainsi qu’on peut acheter pour trois fois rien de petits ananas, prêts à être dégustés, sur de petits piques en bois.
Nous faisons un petit tour à la poste, pour acheter les timbres pour les indispensables cartes postales…
Nous flânons, heureux d’être là, savourant l’instant, tout simplement.
Nous jetons un œil sur le plan, et nous nous dirigeons vers la cathédrale. J’avoue avoir été surprise de voir à quel point la religion catholique était encore très présente au Vietnam. Surtout, à quel point les vietnamiens étaient libres de pratiquer leur culte, quel qu’il soit.
Cette grande bâtisse de l’ère coloniale est un peu austère de l’extérieur…et nous n’aurons pas la chance d’en visiter l’intérieur, elle est fermée.
Nous décidons de nous perdre, en marchant au gré de nos envies, et finalement, nous faisons une pause dans un café…pour boire une bière. Le français a presque disparu au Vietnam, mais quelques mots subsistent dans le vocabulaire courant. C’est le cas pour le café, souvent écrit Ka Fé, ou encore Cà Phe, pour veston aussi. Oui, je sais, ça n’a rien à voir, mais je m’en souviens, alors je vous le dis ! d’ailleurs, si je me rappelle d’autres mots, je vous les donnerai comme ça, quand ils me reviendront…
Au hasard de nos pas, nous arrivons sur un petit marché. La chaleur est étouffante aux heures les plus chaudes de l’après-midi, et les clients ne se bousculent pas…certains en profitent…
Le mélange des odeurs est parfois éprouvant. L’une, particulièrement, que nous ne parvenons pas à identifier mais qui est franchement désagréable. Ici, la viande de porc, abats compris, s’étale sans aucun moyen de réfrigération ;
là, ce sont des poissons vivants, qui tournent en rond dans une bassine ;
là encore, ce sont des poissons séchés, qui pendent à des fils.
Des femmes vendent des bols de soupe très appétissants, que les gens consomment sur place, assis sur de petites chaises en plastique.
Nous déambulons dans les allées, fascinés par ce spectacle bigarré. Nous ferons au moins trois fois le tour de ce marché, sous les yeux amusés des marchands qui nous voient si curieux de ce qui est leur quotidien.
Au coin des rues, des femmes vendent des pains "français". En fait, ils en ont vraiment l'aspect, mais pas tout à fait le goût: un peu de farine de riz est mélangée à la farine de blé. La mie est beaucoup plus aérée, plus légère.
Nous revenons vers le lac, pour mieux nous repérer dans ce dédale de rues, avant de rentrer à l’hôtel : nous avons rendez-vous avec Khoa et notre chauffeur, pour aller dîner dans un restaurant un peu particulier. Les cuisiniers et les serveurs de ce restaurants sont tous des élèves de l’école Hoa Sùa, qui forment ces jeunes gens issus de famille pauvres du Vietnam. L’école a été créée par des français. C’est un bel endroit, dans un quartier calme de la ville, qui semble très prisé. Nous y avons d’ailleurs fait un excellent repas. Si le cœur vous en dit, vous pouvez visiter le site de cette école : http://hoasuaschool.com
C'est aussi pour ce genre de choix que nous sommes fidèles à notre voyagiste: pour son engagement pour un tourisme responsable et humain.
Pour notre premier jour en terre asiatique, nous n’avons pas lézardé ! il est plus que temps d’aller dormir : demain, une longue route nous attend, qui nous conduira au départ de notre trek…
Commentaires
lettre à une peureuse....
..... Bien sur je n'y ai jamais cru, mais elle l'affirmait avec conviction !
Et la voilà en enfer au milieu des morceaux de cochon parfumés et du poisson pané à 30°celcius (pas Fahrenheit! )!
Le lecteur, là, il a la trouille rien que de lire !
Bon si c'est sur le blog c'est qu'ils sont revenus sains et saufs ! Ouf !
Bon j'attend le "trek" la cambrousse ça n'est plus la ville même si il y a des tremblements de terre dévastateurs
N'empèche, j'aurai pas le courage ! J'ai juste failli aller y faire la guerre ! Mais c'est bien loin et ce fut l'Afrique du nord ! je crois que je préfère !
Cela dit l'écriture et les sentiments sont toujours aussi beaux ! Alors qu'importe le méridien pourvu qu'on ai livresque (Toujours aussi nul en frincé hein ? On ne se refait pas ! on passe seulement un bon moment ! ;)
Ce commentaire n'est pas à mettre sur ce Blog il n'est pas à sa hauteur mais son auteur s'est fait un petit plaisir en venant le saluer à sa façon ( la pire ! ;-)
Z1Z1
au contraire!
je suis ravie de vous retrouver en forme, cher lecteur! ;o)
C'est sûr que si vous frissonnez à l'évocation de ces quelques anecdotes odorantes, vous n'êtes pas au bout de vos surprises! Nous sommes bien revenus, en effet, sans aucun bobo, aucun ennui de santé, et des images d'un dépaysement total plein la tête!
J'ai eu du mal à me lancer dans la rédaction de ce blog, tellement il m'a fallu du temps pour redescendre sur terre!
Mais j'ai mes nots, et 1000 photos! ce serait dommage de ne pas prolonger le voyage, non?
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